 |
Magnelli
Alberto
Magnelli est né à Florence en 1888.
Il se passionne pour les artistes de la Renaissance et suit les cours
de l’Ecole des Beaux-Arts.
En 1909, il réalise son premier tableau, un paysage de style impressionniste.
En 1910, dans un second paysage : Neve, on ressent déjà
ce qui fera son propre style.
D’ores et déjà, l’accent est porté sur
une composition rigoureuse, l’utilisation de formes géométriques
simples et des masses colorées aux harmonies raffinées.
En 1914, il quitte l’Italie pour Paris où se lie avec Appolinaire,
fréquente les avant-garde de l’Art moderne, mais n’adhère
à aucun courant. Il abandonne le modelé des figures pour
l’aplat et s’engage vers l’abstraction. On passe sans
transition d’un plan à l’autre, les couleurs pures
et saturées, les formes synthétiques caractérisent
les toiles réalisées après sa rencontre à
Paris avec Delaunay, Archipenko et Matisse.
Magnelli retourne en Italie pendant la guerre. Isolé de toute influence
artistique, il s’initie à une abstraction totale jusqu’au
choix d’un titre dépourvu de toute connotation.
Après un bref retour à la figuration avec Explosion lyrique
en 1918 il expérimente un style pictural à l’expression
plus libre. Serait-ce dû à la joie ressentie à la
fin de la Première Guerre Mondiale ?
Magnelli revient à la figuration entre 1920 et 1931.
En 1932, à la suite d’une visite dans les carrières
de marbre de Carrare, il se consacre à l’étude d’un
thème unique : Les Pierres, pendant deux années. Il s’éloigne
définitivement de la figuration.Une recherche formelle, l’œuvre
gravée
A partir de 1934, Magnelli exploite les techniques les plus diverses :
eaux-fortes, bois gravés, sérigraphies, lithographies et
linogravures. Réfugié comme Jean Arp, Sophie Taeuber et
Sonia Delaunay au Plan de Grasse pendant la Seconde Guerre Mondiale, il
participe à la réalisation collective de 10 Origin un album
de linogravures.
Les collages et réutilisations
Dans les râteaux japonais en 1938, un des plus importants collages
de l’artiste, on reconnaît des éléments figuratifs,
mais ils sont « détournés », et ne valent que
par leur graphisme.
Le collage constitue dans l’œuvre de Magnelli un prolongement
de ses recherches picturales.
Il s’agit également d’expérimenter d’autres
supports, de jouer avec des textures diverses…mais aussi de pallier
aux pénuries de matériaux nobles engendrées par la
guerre.
L'oeuvre abstraite
Formes rebondissantes en 1937 et Complices constituent les premières
pièces de l’œuvre abstraite. L’œuvre de Magnelli
conserve parfois un fond de réalité (en témoignent
les titres et les formes quasi organiques représentées)
qu’il transpose sur un mode abstrait. Selon lui, l’abstraction,
c’est « la simplification » au maximum des objets et
des formes.
Magnelli est plus que jamais attaché à la construction de
ses dessins, à la composition et à la simplification des
formes, par ailleurs, il nuance avec une grande minutie les coloris et
harmonies qu’il choisit.
Né
à Florence en 1888, Alberto Magnelli choisit
sa propre vision extérieure et intérieure, il s'éloigne
ainsi du futurisme pour lequel le retour aux sources était abomination.
Mais le trait, le dessin de Magnelli s’opposait également
au mouvement de Marinetti, tout autant qu’un certain patriotisme
florentin, opposé au lombardisme des Milanais !
Bien que, dans un premier temps, il fût proche des futuristes florentins,
sans toutefois y adhérer totalement. Décidément,
ce qui plaisait à Magnelli était d’inventer. Ce maître
mot qui lui a fait refuser le terme d’abstraction. Ce qui ne le
mettait évidemment pas à l’abri de certaines influences,
notamment dans cette période de 1914-1915 où les chapelles
artistiques se délitent, les ruptures sont fréquentes, les
recherches et les dépassements abondants.
La série des Paysages a bien un côté réaliste,
mais les angles choisis, les premiers plans faits de ces toits enchevêtrés
viennent semer le doute. C’est encore le cas de l’Homme qui
fume ou de l’Homme à la charrette ainsi que d’il Fantino
che ha vinco. On pense à Alexandra Exter et même à
Malevitch.
D’une certaine manière, on est bien dans le cubo-futurisme.
D’une certaine manière seulement. Car Magnelli sait, sent,
que son parcours doit s’engager sur une voie qui longe ses mouvements.
C’est visible dans ses relations. Certes, il fréquente, à
Florence, les futuristes, mais il ne dédaigne pas la compagnie
de poètes, tel Vincenzo Cardarelli, opposé aux expériences
de l’avant-garde.
1917, année charnière de la période 1914-1918. Magnelli
maîtrise sa technique, les expériences accumulées,
les apports extérieurs. " Combinant le strict jeu des aplats
qui s’imposent d’évidence et la modulation de certaines
zones traitées en contrepoint, répartissant l’espace
par grands pans colorés dans une vision foncièrement abstraite
de la peinture pour mieux y inscrire des figures parfaitement identifiables
quoique très transposées, supprimant le contour dessiné
comme pour mieux suggérer par la rencontre à bords francs
des plages colorées, Magnelli témoigne en fait que l’abstraction
n’est plus désormais pour lui une expérimentation,
encore moins une question théorique, mais le moyen intégré
d’une nouvelle peinture ouverte à toutes les libertés
", souligne Daniel Abadie, exécuteur testamentaire de l’artiste.
Aux Peintures, géométriquement contenues, vont succéder
alors les Explosions lyriques où les couleurs vont en effet se
rapprocher, se pénétrer secrètement, se tordre dans
un gémissement chromatique. Dans certaines toiles, on discerne
même des corps de femmes, des cuisses arrondies, des visages. Un
contrepoint à la série de nus et de Donne, étirés,
encore marqués par l’angle.
André Verdet écrivait alors l’osmose entre le lieu
et les oeuvres : " Leur rythme ne rompt pas l’harmonie,
bien au contraire, (les oeuvres) semblent déléguer un peu
de leur pouvoir à la rigueur des lignes et des volumes, au travers
de cette mystérieuse lumière estompée des salles,
lumière qui est peut-être celle mêlée de la
mer et du ciel méditerranéens, assoupie là depuis
des siècles, comme dans le bocal aux sortilèges. ".
|
|
|